Cette lignée inconsciente qui nous modèle chaque jour
La lignée familiale implique des ordres qui dépassent cette obligation implicite d’aller manger chez ses parents tous les dimanches ; en effet, nous faisons avant tout référence ici à ces schémas de pensée qui érigent, pierre après pierre, une grande partie de notre château émotionnel. C’est une partie de cette psychogénéalogie qui, souvent, fait entrave à notre impulsion vitale de développement.
Des propos tels que «je n’ai pas le droit de me tromper», «je dois contrôler mes émotions», ou encore «il faut se méfier des autres» définissent cette empreinte. Car qu’on le veuille ou non, les traces de chacun de ces ordres intergénérationnels s’inscrivent au plus profond de notre personnalité.
La psychologie cognitive est une des approches les plus efficaces pouvant nous permettre de comprendre cette structure délicate. Les croyances les plus significatives et déterminantes s’acquièrent dans l’enfance à partir des relations que l’on entretient avec notre famille. Or, il existe également un concept encore plus complexe ; des auteur-e-s tels que Aaron Beck nous rappellent qu’une partie de ces schémas présentent un composant génétique.
Selon une étude publiée dans la revue Nature Neurosciencie, notre ADN transmet les informations des expériences de stress et de peur héritées de génération en génération. A l’Hôpital Monte Sinaï, on parle aussi de ce même aspect, à savoir du poids de l’héritage épigénétique ainsi que son influence sur les gènes des enfants.
Or, n’oubliez jamais que la prédisposition génétique ne détermine pas votre personnalité ; comme son nom l’indique, elle ne fait que la prédisposer. Cependant, si au poids des gènes s’ajoute la continuité des ordres, des valeurs, des règles et des diktats, un cycle continu de renfort réciproque peut sans doute s’établir.