Le sujet est brûlant. Il ne se passe pas une semaine sans que l’actualité ne nous dénonce son lot d’affaires : les puissants, les artistes, les grands de ce monde, mais aussi « monsieur tout le monde » accumulent les aventures sexuelles avec des partenaires (parfois jeunes), consentants (mais pas toujours). En 8 questions, le Dr Laurent Karila, psychiatre et addictologue, nous aide à y voir plus clair.

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Les mots sont lancés : hypersexuel, sex addict. Mais que signifie exactement ce terme, à qui s’applique-t-il réellement ?

« Sex addict » : que se cache-t-il derrière ce terme ?

Le sex addict est en chasse séductrice constante, qu’elle soit réelle ou virtuelle (sur internet). Il vit et voit sa vie à travers d’un filtre sexuel permanent. Il peut, lors d’un déjeuner, d’une réunion de travail envisager des scénarios érotiques, sans forcément mettre en œuvre ses fantasmes. Il a une « second life », une vie sexuelle secondaire cachée qu’il vit dans la peur d’être découvert.

Comment se manifeste cette addiction ?

Le sex addict recherche une gratification sexuelle immédiate avec tous les supports dont il peut disposer.
Internet est le principal vecteur de gratification à travers les chats érotiques, le porno sur le web, les web cam, mais on peut aussi citer le sexe tarifé (escort-girls..), les salons de massages, les clubs échangistes…

Attention toutefois à ne pas faire d’amalgame : tous les libertins ne sont pas sex addict.

Libertin ou sex addict : Où se situe la frontière ?

Le libertin n’utilise pas ses comportements sexuels pour lutter contre une souffrance dépressive ou anxieuse.
Le sex addict utilise son hypersexualité, quels que soient les supports, pour lutter contre ces éléments et continue même s’il sait que cela a des conséquences négatives sur sa vie : retentissement sur son couple, sa vie de famille, son travail, sa santé physique et psychique…