Psycho : la bombe est un peu mystérieuse
Lorsqu’elle dîne avec un homme qu’elle ne connaît pas bien, la bombe ne monopolise pas la parole jusqu’au café, elle laisse l’homme lui poser des questions, auxquelles elle répond succinctement.
Pas succinctement au point de répondre « oui » quand il lui demande son prénom, mais pas non plus : « Nadège, c’était le prénom de ma grand-mère maternelle, elle était coiffeuse dans le Midi, vers Avignon, mais mon père voulait m’appeler Mathilde, c’était le prénom de sa mère à lui, mais ma mère ne voulait pas parce qu’elles ne s’entendent pas, ohlàlà, ça a fait toute une histoire. »
La bombe ne déballe pas sa vie comme si elle était à vendre, elle laisse un peu d’elle-même à l’intérieur.
- On commence tout de suite !
On n’a pas peur du silence, parce qu’on sait que ceux qui ont peur du vide tombent en général dedans.
Sans compter que le silence entre un homme et une femme est souvent le plus érotique des préliminaires.
Donc il faut lui laisser de la place.
De la même façon, on ne cherche pas systématiquement à en placer une pour qu’on nous remarque : celle qu’on remarque, c’est aussi celle qui a l’intelligence de se taire quand elle n’a rien à dire.
