L’emménagement

Ce qui se joue
Vous rêviez de voir vos deux brosses à dents dans le même verre, et vos deux noms sur la boîte aux lettres. L’emménagement en commun est souvent le premier engagement d’un couple, l’étape qui le projette du hasard de la rencontre à la volonté de sceller l’union. Alors qu’on ne se voyait qu’à des moments choisis (les meilleurs, tant qu’à faire), on est désormais à la merci du quotidien, de nos variations d’humeur et de celles de l’autre. On ne peut plus (se) mentir : habitudes et manies sont révélées au grand jour, et nos différences nous sautent alors aux yeux.

Les conseils du psy
– Parmi les choses qui nous agacent, on fait le tri. On apprend à lâcher prise et même à rire de certaines de ces « fausses notes » (le tube de dentifrice, le rangement, la lunette des toilettes…), liées aux habitudes de chacun. Ces mini conflits créent une sorte d’ « agacement complice » sans conséquences, et donnent même au couple sa couleur.
– On se libère de nos projections afin de nous laisser surprendre par ce que l’autre a à nous proposer, même si ce n’est pas exactement ce qu’on attendait.
– On conserve l’équilibre précieux qui veut que 1 + 1 = 3, toi, moi, et le couple. Pour cela, on résiste à la tentation d’hiberner et on ne fait surtout pas l’erreur de couper les liens avec son réseau amical, familial. Si possible, on aménage l’espace de façon à pouvoir chacun vaquer à ses occupations, pour les jours où on a besoin de se retrouver seul(e).
– Si possible, on opte pour un cocon « neutre », c’est-à-dire choisi et investi ensemble, et n’appartenant pas au passé ou à la famille de l’un des deux partenaires : un couple est une création nouvelle, qui a besoin d’espaces nouveaux.

Les drames de la vie

Ce qui se joue
Maladie, deuil… La vie de couple n’est pas un long fleuve tranquille, et est parfois mise à l’épreuve par les épisodes douloureux qui jalonnent l’existence, donnant tout son sens à l’expression « Pour le meilleur et pour le pire ».Si, sur le papier, la promesse d’être là dans les moments difficiles paraît aller de soi, dans les faits rien n’est moins simple. Et pourtant, au-delà de toute l’inévitable peine qui accompagne ces étapes, elles peuvent être pour le couple la source d’un grand pas vers l’authenticité, l’intimité et le partage.

Les conseils du psy
– S’engager à nouveau… La construction d’un couple repose sur deux éléments : le désir, aléatoire et fluctuant, et la volonté de former un couple. Les drames de la vie mettent à l’épreuve le désir : reste à réaffirmer le choix d’être ensemble, la volonté de traverser les épreuves.
– Aimer suppose une forme d’abandon, et savoir demander de l’aide fait partie du processus d’évolution du couple. On a tendance à être dans un système de pensée magique, qui voudrait que notre partenaire devine quand nous avons besoin de lui. Loin d’être un aveu de faiblesse, être capable de formuler une demande claire évite bien des malentendus.
– Attention tout de même, à tout attendre de son partenaire, on risque de retarder notre guérison et aussi de charger l’autre d’un fardeau bien trop lourd à porter. Le soutien et le réconfort procurés par le couple ne doit pas sans aller avec une responsabilisation individuelle.
– Gare aux projections : si, en cas de coup dur, vous avez besoin de vous confier, vous aurez tendance, croyant bien faire, à tirer les vers du nez de votre partenaire pour le soulager de sa douleur. Votre remède n’est pas forcément le sien.
– Face à une épreuve, il est essentiel de comprendre que les stratégies face à la douleur ne sont pas les mêmes. Silence, pleurs, agressivité, isolement : A chacun ses mécanismes de défense. Il n’y a pas de « bonne » façon de réagir, juste des individus qui font ce qu’ils peuvent pour gérer leur peine.